Le sport, on est d’accord, c’est génial. Il booste le moral, améliore la santé, et nous permet parfois de manger une part de gâteau sans culpabiliser (ou presque). Mais que se passe-t-il quand cette belle relation avec l’activité physique tourne à l’obsession ? Petit scoop : c’est ce qu’on appelle la bigorexie.
Bigorexie, kézako ?
La bigorexie, c’est tout simplement l’addiction à l’activité physique. Tu sais, quand ta salle de sport devient ta deuxième maison, ton coach ton meilleur ami et que tu annules des soirées parce que « désolé, ce soir c’est séance jambes-fessiers » ? Eh oui, à partir de ce moment-là, il y a peut-être anguille sous roche.
Selon une étude récente publiée en 2023 dans le Journal of Behavioral Addictions, près de 7% des adeptes réguliers de sport seraient concernés par la bigorexie, avec une incidence encore plus élevée chez les jeunes adultes. Voilà qui explique pourquoi ton voisin refuse toutes tes invitations barbecue depuis trois ans…
À noter : La bigorexie touche aussi bien les hommes que les femmes. Oui, mesdames, vous aussi vous pouvez tomber dans le piège du sport à outrance.
Comment reconnaître la bigorexie ?
Voici quelques signes typiques :
- L’obligation absolue de faire du sport chaque jour (sinon, c’est l’angoisse).
- Le déni des douleurs et des blessures, parce que « no pain, no gain ».
- L’isolement progressif (quand tu préfères tes haltères à tes amis, ce n’est pas bon signe).
- Une image corporelle toujours insatisfaisante, même après des mois d’entraînement intensif.
Exemple amusant mais vrai : si ta valise de vacances contient plus de matériel de sport que de vêtements, on approche sérieusement du problème. Et si ton podomètre te félicite plus souvent que ta mère, il y a aussi un sujet à creuser…
Pourquoi devient-on accro au sport ?
La bigorexie n’est jamais anodine. Elle cache souvent une problématique plus profonde : recherche d’estime de soi, besoin de contrôle, gestion difficile des émotions, ou encore troubles alimentaires comme l’anorexie ou l’hyperphagie. Le sport devient alors une échappatoire, mais attention : une échappatoire qui peut vite tourner au piège.
Il y a aussi une explication physiologique : l’activité physique intense libère des substances chimiques cérébrales comme la dopamine et les endorphines, provoquant un véritable « shoot » de bien-être. Résultat ? On en veut toujours plus, exactement comme avec d’autres addictions telles que les drogues, l’alcool ou les jeux vidéo. Une étude de 2021 publiée dans la revue Frontiers in Psychiatry explique clairement que le mécanisme de dépendance à l’exercice physique ressemble beaucoup à celui observé dans d’autres addictions comportementales ou chimiques. Voilà pourquoi ton tapis de yoga a remplacé ton canapé comme meuble principal dans ton salon.
Une autre étude de 2022 parue dans la revue Psychology of Sport and Exercise souligne que la bigorexie est fréquemment associée à des troubles anxieux et à une faible estime de soi, renforçant ainsi le besoin compulsif de pratiquer une activité physique.
Si tu veux en savoir davantage sur les troubles alimentaires chez les hommes (parce que oui, messieurs, vous aussi êtes concernés !), n’hésite pas à lire mon article à ce sujet : Troubles alimentaires chez les hommes : un tabou à briser enfin !
Les conséquences : attention aux dégâts !
Sur le plan physique, gare aux blessures répétées, à l’épuisement chronique et aux déséquilibres hormonaux. Côté psycho et social, ce n’est pas beaucoup mieux : stress permanent, anxiété, culpabilité et isolement deviennent vite la norme.
Selon des recherches menées par l’Université de Sydney en 2024, 68% des personnes bigorexiques présentent des blessures chroniques dues à un entraînement excessif, et près de 50% souffrent d’épuisement chronique ou de troubles du sommeil. Quand tu commences à être aussi fatigué que ton téléphone en fin de journée, c’est que tu as poussé le bouchon un peu trop loin…
Comment retrouver un rapport sain avec le sport ?
Bonne nouvelle : la bigorexie, ça se soigne très bien ! Voici quelques pistes :
- Accepter d’en parler à quelqu’un (psychologue j’en connais justement une ! un médecin, un ami bienveillant).
- Ralentir progressivement, en apprenant à écouter son corps (oui, ton corps, tu sais cette chose que tu utilises pour faire des pompes).
- Réintroduire des plaisirs non sportifs dans ta vie : cinéma, lectures, sorties entre amis (et non, courir avec ton pote ne compte pas comme une sortie).
- Déculpabiliser : oui, on a le droit (et le devoir) de se reposer sans se sentir coupable !
Une étude clinique récente de 2023 montre que 82% des patients suivis pour bigorexie ont pu retrouver un rapport équilibré à l’activité physique grâce à un accompagnement psychologique adapté. Eh oui, la pizza occasionnelle n’a jamais fait de mal à personne ! Promis, juré !
Alors, on décompresse ?
Faire du sport, c’est prendre soin de soi, pas se punir. L’objectif, c’est de trouver un équilibre qui te rende heureux, épanoui et surtout bienveillant envers toi-même. Et si ce n’est pas encore le cas, tu sais ce qu’il te reste à faire : mets ta séance du jour sur pause et accorde-toi un vrai moment de détente, tu l’as bien mérité (et promis, ton tapis de course ne t’en voudra pas) !